L'Homme dans la guerre

 

Cycle d'une douzaine de lectures indépendantes

 

« Je suis né en 1967, vingt-deux ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Ici, en France, je fais partie d’une génération heureuse, qui certes est aujourd’hui confrontée au terrorisme, mais qui ne vit pas les affres et les tourments d’une guerre.

J’ai conscience de vivre dans une paix relative et fragile. J’ai donc ressenti la nécessité d’aller à la rencontre de ces femmes et de ces hommes qui n’ont pas eu cette chance…

Dès 2002, en m’appuyant sur ma formation d’historien, j’ai donc débuté ce cycle de lectures théâtralisées intitulé « L’Homme dans la guerre ».

J’ai souhaité replacer l’être humain au centre de ce projet ; l’être humain avec sa force et sa fragilité, l’être humain qui, dans le fracas des batailles, est révélé à lui même, qui puise en son for intérieur des ressources inexplorées, qui élève ou vend son âme, qui se transforme, qui survit, qui meurt…

 

J’ai défini une période : de 1870 à nos jours. Prendre comme point de départ le premier choc franco-allemand m’a semblé judicieux. Ce conflit méconnu est, en effet, la première des guerres modernes et sans conteste la matrice des événements tragiques du XXème siècle.

J’ai orienté mes recherches vers des documents aussi divers que des témoignages, des lettres, des poèmes, des romans et des nouvelles littéraires, des tracts, des discours politiques, des interviews…

 

Mon attention s’est portée vers ces voix illustres ou inconnues, qui sont les reflets sensibles et précis d’un temps donné, où se mêlent inexorablement la grande et la petite histoire, où affleurent les dérives et les angoisses de sociétés en perpétuel mouvement.

Faire en sorte que ces vies souvent délaissées ou oubliées retrouvent une existence grâce au théâtre, c’est aussi tenter de mieux saisir les complexités de l’Homme et du monde qui nous entoure… » Texte d'Éric Cénat

Germaine Tillion : la mémoire et la raison

Conception et interprétation : Claire Vidoni

 

« C’est en lisant la troisième et ultime version de son ouvrage sur Ravensbrück que j’ai découvert Germaine Tillion. Je fus d’emblée frappée par sa volonté de relater les terribles moments qu’elle avait traversés dans un souci d’objectivité, sans aucun doute induit par ses qualités d’ethnologue. Cette impossibilité de séparer l’étude objective de son vécu personnel me fît apparaître son œuvre à la fois comme un témoignage précieux et émouvant, tout en préservant les faits dans leur dimension purement historique.

 

« Il me semble de plus en plus que pour discourir sur les sciences humaines, l’érudition pure ne peut suffire, et qu’une expérience vécue, profonde et diverse constitue l’indispensable substrat de la connaissance authentique de notre espèce ; il n’est que de vivre pour se convaincre que les événements vécus sont la clé des événements observés » expliquera-t-elle plus tard.

A sa magnifique empathie envers le genre humain, viennent s’ajouter son sens de l’humour, doublé d’un remarquable courage : Dans l’horreur de Ravensbrück, elle trouve en effet l’énergie d’écrire au péril de sa vie, alors qu’elle est cachée par ses camarades au fond d’une caisse d’emballage, une opérette qu’elle intitulera : « Le verfügbar aux enfers ».

Une telle femme mérite que l’on se penche sur son expérience et ses écrits qui forment une seule et même œuvre : celle de sa propre vie.

 

Ses travaux d’ethnologue l’ayant conduite à étudier de très près la population Chaouïa des Aurès lors de plusieurs missions avant que la France ne soit occupée par les troupes Allemandes en 1940, elle y retournera en 1954, puis de nouveau en 1957. Là, elle prendra conscience avec toute la lucidité qu’on lui connaît de l’ampleur que prend l’usage de la torture en Algérie.

Il est donc très difficile de scinder l’existence de Germaine Tillion en plusieurs compartiments, mais j’aimerais mettre en place une lecture publique des divers textes et témoignages qu’elle nous a laissés,  couvrant les années de Guerre aux cours desquelles elle entrera en résistance, sera emprisonnée à la prison de la Santé, puis à Fresnes, et sera déportée au camp de Ravensbrück.

Plus tard, les horreurs de la guerre d’Algérie la ramèneront inévitablement à sa douloureuse expérience des camps, mais Germaine Tillion n’aura plus jamais le même regard sur l’humanité ; En Algérie , elle réalise que son peuple peut lui aussi se transformer en bourreau, ce qui lui fera dire : « Entre 1939 et 1945, j’ai cédé comme beaucoup à la tentation de formuler des différences, des mises à part, « ils » ont fait ceci, « nous » ne le ferions pas… Aujourd’hui, je n’en pense plus un mot, et je suis convaincue, au contraire, qu’il n’existe pas un peuple qui soit à l’abri d’un désastre moral collectif ».

C’est toute la  complexité de cette existence, si riche en expériences et en questionnements,  que je veux mettre en avant dans la lecture que je propose de créer.

 

Cette lecture pourra être ponctuée par les analyses effectuées par Tzvetan Todorov (et avec l’accord de ce dernier), autour de l’œuvre de Madame Tillion, ainsi que par des extraits d’interviews grâce auxquelles le public pourra entendre la voix de cette femme hors du commun. » Texte de Claire Vidoni

 
Lettres d'Oflag - André à Paulette - 1940/1945

Conception : Marie-Françoise et Éric Cénat / Interprétation : Éric Cénat

Créée en partenariat avec le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (Lyon)

 

 

André Vincenot épouse Paulette Cabon, le 6 juillet 1939. Le temps des jours heureux est bien court. Deux mois plus tard, la guerre éclate et le couple est séparé. La « drôle de guerre » n’est drôle pour personne. Le 23 mai 1940, André, sous-lieutenant d’infanterie, est blessé à la tête. Un mois plus tard, avec tant d’autres, il est fait prisonnier par les Allemands victorieux et conduit vers les Sudètes dans un premier Oflag. Commence alors pour André le temps de la captivité. Pouvaient-ils imaginer lui et ses camarades qu’elle durerait cinq ans ?


Pendant toutes ces années, André écrit à Paulette aussi souvent que possible. Des lettres d’amour où se reflète et s’exprime son quotidien : ses inquiétudes pour sa jeune épouse, ses manques face à l’absence, au vide des journées qu'il faut vaincre par tous les moyens (lecture, écriture, conférence, gymnastique), ses souffrances liées à la faim, au froid, ses attentes souvent insatisfaites d’une lettre ou d'un colis, uniques moyens d’être reliés à la « vie d’avant » mais aussi ses joies, ses  espérances quand il apprend, au détour des mots de Paulette, la naissance, en mars 1941, d’une petite fille, Marie-Françoise, sa fille.
Le 25 janvier 1945, quelques jours avant l'évacuation de l'Oflag IV D près de Dresde où il est retenu prisonnier, André écrit une dernière lettre à Paulette. Commence alors pour lui une période d'errance qui le conduit, tout d'abord, de Colditz au camp de Zeithain où, le 23 avril 1945,  André est libéré par une unité de cavaliers de l’Armée Rouge, puis, envoyé vers l'Est jusqu'à Bunzlau. Retenu quelques semaines par les Soviétiques avant d'être renvoyé à l'Ouest vers les Américains, il arrive à Paris le 31 mai. Le lendemain, à Rennes, il retrouve Paulette et fait la connaissance de Marie-Françoise...
 

Quelques extraits de presse

"À travers la lecture "Lettres d'Oflag", c'est un hommage à tous les prisonniers de guerre anonymes qui a été rendu. Une guerre n'est propre pour personne... À leur retour, une période de réadaptation à la vie civile sera nécessaire, comme le rappelle Marie-Françoise. Les prisonniers de guerre seront souvent à l'origine des rapprochements et jumelages entre l'Allemagne et la France : apprendre la langue pour mieux se comprendre, échanger pour mieux se connaître... ce sera le cas à Laussonne, première commune à être jumelée avec un village allemand en 1965, pour une Europe de Paix." L'Éveil de la Haute-Loire

 

"Présentée à plusieurs reprises à travers la France, cette lecture théâtralisée rencontre une grande écoute et attention de la part des jeunes qui découvrent l'histoire, peu connue, des prisonniers de guerre. Cette lecture rend hommage aux 1 845 000 soldats français qui ont été prisonniers après la débâcle de 1940." La Tribune Le Progrès


"Vendredi, ce sont quelques quinze lettres adressées par son grand-père à sa grand-mère que lit Éric Cénat, acteur du Théâtre de l'Imprévu. Cinq ans de mots d'amour et de lignes pour ne pas perdre le fil de la vraie vie. Une lecture forte. Touchante de simplicité." La République du Centre

 
Primo Levi : paroles et textes

Conception et interprétation : Éric Cénat

Créée en partenariat avec le Musée de la Résistance Nationale (Champigny-sur-Marne)

et le Cercil - Musée Mémorial des enfants du Vel d'Hiv (Orléans)

 

“À l’heure où le spectaculaire est partout, où la brièveté obligée de l'information la dépouille de tout sens, où tout acte est saisi dans le moment sans référence au passé ni prolongement dans le futur, il nous paraît urgent d'essayer de nous y reconnaître, de nous connaître peut-être. Nous pensons, en effet, qu'il ne peut y avoir d'identité sans mémoire. Redonner l'usage quotidien de la mémoire à une société qui tend vers l'amnésie généralisée : telle est la tâche que nous nous fixons. Non pas faire l'apologie du passé mais résister à l'oubli. Ainsi, de 1995 à 2001, le Théâtre de l’Imprévu a donné à travers la France plus de 120 représentations du spectacle : Primo Levi et Ferdinando Camon : Conversations (mise en scène : Dominique Lurcel, avec : Éric Cénat et Gérard Cherqui).

 

Afin de répondre à la demande du Musée de la Résistance Nationale de Champigny-sur-Marne, de l’association Citoyenneté-Jeunesse (93) et du CERCIL (Centre d’Études et de Recherches sur les Camps d’Internement dans le Loiret), j’ai conçu et imaginé une lecture à une voix des œuvres et paroles de Primo Levi. Cette lecture est chronologique, de sa naissance en 1919 à sa mort en 1987, le lecteur resituant entre chaque texte lu, le contexte historique de l’époque et la situation personnelle de Primo Levi. Notre objectif est d’ébaucher par le choix des textes, non seulement une silhouette de l’homme mais aussi de donner envie de lire Primo Levi, tout Primo Levi.. On peut témoigner de son siècle sans être forcément un très grand écrivain : ce n’est pas le cas de Primo Levi. Chez lui se conjuguent lucidité, honnêteté intellectuelle et un constant bonheur d’écrire. : le besoin –absolu- d’écrire part de l’expérience concentrationnaire (Si c’est un homme écrit dès son retour d’Auschwitz, reste encore sur ce sujet, la référence), puis perdure, se diversifie, aborde tous les genres, l’essai, le récit, le roman, le conte fantastique, le poème, et tous les sujets, dans un refus de spécialisation et un désir de voir réconciliées (Primo Levi était aussi chimiste…) la science et la littérature… avec toujours, comme « paysage », la mémoire du camp, et le besoin constant de témoigner, d’analyser ; besoin qui aboutit, 40 ans après, à son ultime réflexion, consignée dans Les Naufragés et les Rescapés.

 

Une heure de lecture, juste le temps d’ouvrir quelques portes…” Texte d'Éric Cénat

 
Lettres de fusillés 1941/1944

d'après La Vie à en mourir de Guy Krivopissko

Conception et interprétation : Éric Cénat & Max Tzwangue (comédien, ancien résistant dans les rangs des FTP-MOI)

Créée en partenariat avec le Musée de la Résistance Nationale (Champigny-sur-Marne)

 

Cette mise en voix des « lettres de fusillés » est pour moi un aboutissement personnel : Je me souviens avoir été très marqué à l’adolescence par la lecture d’une « lettre de fusillé » découverte par hasard dans un livre d’histoire : La lettre de Guy Môquet à ses parents. Quels ne furent pas ma stupéfaction et mon trouble quand je compris que ce jeune homme avait au moment de sa mort le même âge que moi à l’époque : 17 ans ! ! ! Je m’appuie sur ce souvenir pour que cette lecture traverse les générations et s’adresse tout particulièrement à la jeunesse de notre pays : Puisse-t-elle comprendre le sacrifice de ces hommes qui ont cru jusqu’à leur dernier souffle en un monde meilleur… Puisse-t-elle entendre ce formidable message d’espoir, de tolérance et de vie, dépourvu de vengeance et de haine qui garde, soixante ans après les faits, toute son actualité… Il n’est pas évident de choisir pour cette lecture une quinzaine de lettres parmi les cent vingt regroupées par Guy Krivopissko dans le livre. Pourquoi celle-ci plutôt que telle autre tant ces lettres sont toutes étonnantes et bouleversantes ? J’ai alors tenté de trouver un certain équilibre en m’obligeant à respecter plusieurs paramètres :

 

• De 1941 à 1944, toutes les années sont à représenter car à travers la chronologie des écrits, nous percevons l’évolution de la situation historique.


•    Tous les âges et toutes les sensibilités politiques, religieuses, philosophiques sont à évoquer car la Résistance a trouvé sa force dans la diversité de ses membres.


•    Certains auteurs sont des symboles de la Résistance : Joseph Epstein, Honoré d’Estienne d’Orves, Missak Manouchian… Mais il serait injuste de mettre de côté les lettres de ces résistants moins connus du grand public mais dont les écrits ne sont pas moins poignants…


•    Ces lettres ne s’adressent pas qu’à un seul type de destinataire mais à plusieurs : la mère, le père, le frère et la sœur mais aussi la femme ou la compagne, l’ami et le compagnon de combat…


Afin d’être fidèle à la conception du livre "La Vie à en mourir", j’ai décidé que chaque lettre lue devait être suivie par la biographie de son auteur.

 
Les cercueils de zinc

d'après le livre de Svetlana Alexievitch (Prix Nobel de Littérature 2015)

Conception et interprétation : Éric Cénat & Claire Vidoni

Créée en partenariat avec la bibliothèque de Vendôme

 

En 2001, le Théâtre de l’Imprévu a créé le spectacle La poussière qui marche… Tchernobyl, 26 avril 1986,  adaptation de "La Supplication" de Svetlana Alexievitch. Lors des diverses manifestations que la compagnie a organisées autour de ce spectacle, nous avons invité à plusieurs reprises, Svetlana Alexievitch, alors réfugiée politique en France, à venir témoigner à nos côtés.


Cette rencontre inoubliable avec cette femme d’un courage hors du commun m’a donné l’envie de me pencher vers ses autres écrits, notamment "la guerre n’a pas un visage de femmes" et "Les cercueils de zinc". Ce dernier livre a retenu particulièrement mon attention… En effet, Svetlana Alexievitch ne s’est pas seulement intéressée à la catastrophe de Tchernobyl. Elle a été, en effet, l'une de premières à effectuer des recherches sur les traumatismes causés par les atrocités de la guerre en Afghanistan. En 1990, en publiant "Les cercueils de zinc", elle démolit le mythe soviétique de la guerre d’Afghanistan et de ses guerriers libérateurs, présentés non plus comme des héros internationalistes, mais comme des mouflets terrorisés envoyés dans les sables du désert pour tuer des femmes et des enfants…


La création d’une lecture construite à partir de deux témoignages inclus dans ce livre s’est alors imposé à moi comme une évidence. Deux voix ressortent ainsi de la nuit afghane, celle d’un soldat, celle d’une infirmière…

 
Jusqu'à Bergen

d'après le roman historique de Louis Francis (Prix Renaudot 1934)

Conception et interprétation : Éric Cénat

 

Créée en partenariat avec l'Amicale de l'Oflag IIB-IID-XXIB, à l’occasion d’une après-midi rencontre des familles de prisonniers à l’École Militaire de Paris, à l’image des « journées de l’Oflag » organisées par leurs Pères durant de nombreuses années après leur retour.

 

Ce roman raconte la terrible marche que les prisonniers de l’Oflag IIB ont effectuée à partir du 29 janvier 1945, puis l’horreur ressentie lors de la découverte du camp de concentration de Bergen Belsen.

 

Louis y retournera à plusieurs reprises pour y conduire plusieurs de ses camarades qui, comme lui, témoigneront de ce qu’il y ont vu, l’épidémie de typhus dans ce camp y étant alors terrible…

 

Il s’agit du camp où, entre autre bien sûr, la jeune Anne Franck a été assassinée.

 

 

 

 

 

 
La parole des témoins - Avions américains et anglais tombés dans le Loiret en 1944

d'après des témoignages historiques et documents provenant des Archives Départementales du Loiret.

Conception : Éric Cénat - Interprétation : Éric Cénat & Marc Wyseur

Créée en partenariat avec les Archives Départementales du Loiret

 

“J’ai souhaité que cette lecture soit à deux voix afin de donner une vraie pluralité à ces témoignages.

Pour le montage de textes, je suis parti du document envoyé par les Archives. Toutefois, pour répondre à la contrainte des vingt minutes d’intervention et par soucis de cohérence, j’ai recentré le propos sur six témoignages. Il m’est alors apparu important d’alterner la parole des aviateurs survivants avec celle des témoins oculaires. Cela apporte une densité émotionnelle très forte…

 

Si les contraintes techniques (vidéoprojecteur relié à un ordinateur portable) nous le permettent, je voudrais illustrer ces textes par une projection de photos d’avions militaires de l’époque, ceux qui sont justement cités dans les déclarations des témoins : Liberator, et Lancaster pour les Alliés ; Junker 88, Focke-Wulf 110, Messerschmitt pour les Allemands. Cela nous permettrait de scénographier ces témoignages, de nous aider à matérialiser la chute de ces bombardiers, de mieux comprendre ce que ces hommes, à terre et dans le ciel, ont pu vivre en ce mois de juillet 1944…” Texte d'Éric Cénat

 
Les sangliers sortent du bois

d'après le roman historique illustré et réalisé par des élèves du collège des Bordes - Éditions de l'Écluse

Conception et interprétation : Éric Cénat

Créée en partenariat avec le Musée de la Résistance de Lorris

Exposition itinérante et autonome sur le Maquis de Lorris, disponible en complément.

 

Ce roman illustré a été réalisé par des élèves de 3ème du collège Geneviève de Gaulle-Anthonioz des Bordes,
dans le cadre du Club Résistance, sous la direction de Benoît Momboisse, professeur d'Histoire.
Il retrace les activités du Maquis de Lorris, les auteurs ont travaillé avec les témoins, étudier les documents d'archives afin de créer un scénario plausible, réaliste tout en respectant le contexte historique local.

 

Jean vit avec ses parents aux Bordes, petit village au cœur de son Loiret natal. Sa vie, c’est l’épicerie familiale, ses amis Adrienne et Frédéric, la forêt toute proche. Il a à peine 17 ans quand il voit son petit quotidien brutalement bouleversé par le bruit des bottes et une armée d’uniformes vert-de-gris qui envahit son pays. On est en juin 1940, la guerre est déjà perdue. Alors qu’une immense majorité de Français, entre abattement et résignation, courbe l’échine devant l’occupant, et s’abandonne corps et âme aux bons soins du maréchal Pétain, une petite minorité s’élève dans le noir, et ose dire non.

 

Très vite se posera la question du choix pour Jean : se résigner… ou refuser. Plier… ou résister. Débute alors pour lui une aventure hors du commun, où courage et révolte le mèneront à des actions dont il ne se serait jamais cru capable. Car Jean n’est pas seul. C’est au cœur de sa forêt, à deux pas de chez lui, que les résistants du maquis de Lorris s’organisent. Les sangliers se tiennent tapis dans l’ombre, prêts à en découdre, les Allemands n’ont qu’à bien se tenir ! Un seul objectif : libérer la France !

 
J'avais oublié le merveilleux parfum des roses...

Lettres et poèmes d'Alsaciens-Mosellans 1939/1946

Conception : Éric Cénat - Interprétation : Éric Cénat & Claire Vidoni

Créée en partenariat avec le Mémorial Alsace-Moselle de Schirmeck et l'Association des Amis du Mémorial

 

L'Alsace et la Moselle, ont connu de 1871 à 1953 un destin tragique et trop peu connu... Éric Cénat a eu envie de se confronter à la complexité, à la spécificité de cette histoire. En partenariat avec l'AMAM (Association des Amis du Mémorial), Eric Cénat a lancé en octobre 2006 une vaste collecte de poèmes et lettres datant de la période 1939/1953. En s'appuyant sur des textes riches et variés, il a imaginé une lecture itinérante à deux voix (masculine et féminine), au sein des différents décors et salles du Mémorial.

 

Le choix des textes leur à permis d'aborder : Les derniers jours de paix (août 1939), l'évacuation (septembre 1939), la "drôle de guerre" (septembre 1939-mai 1940), le processus de "germanisation", le R.A.D, les "Malgré-nous" (l'incorporation de force), la Déportation et les camps, la Résistance et la Collaboration, les "passeurs", la guerre totale, la Libération, les joies et peines de l'immédiate après-guerre (1945-1946).


A l'issue de chaque représentation, la lettre de Lucie Primot dont un extrait a donné le titre de notre projet, est lue. Éric Cénat tient à ce que chaque spectateur reparte avec une enveloppe (choisie au hasard dans une malle) à l'intérieur de laquelle se trouve une lettre ou un poème présent lors du spectacle.

 
Charles Péguy, été 1914

« Je pars soldat de la République, pour le désarmement général, pour la dernière des guerres… »

Conception  et interprétation : Éric Cénat

Créée en partenariat avec le Centre Charles Péguy (Orléans)

 

Cette lecture des correspondances de Charles Péguy nous permet d’accompagner Charles Péguy pendant le premier mois de la Grande Guerre, qui fut aussi le dernier de sa vie. Du 3 août au 1er septembre 1914, avant d’être tué à la tête de sa compagnie, l’officier parle dans ses lettres en fils, en mari, en père, sans oublier d’inclure dans sa sollicitude ses plus chères amitiés et les modestes compagnons de sa vie antérieure : le charron Louis Boitier et ses fils, les servantes Mathilde et Thérèse, Mme Gorius la brodeuse. L’officier exprime dans ces messages envoyés du front ses ultimes fidélités et ses croyances essentielles, qui prennent évidemment à nos yeux une valeur testamentaire.

La lecture est construite en quatre parties chronologiques :
-    « Veillées d’armes »
-    « De la mobilisation à la guerre »
-    « La mort de Péguy à Villeroy, le 5 septembre 1914 »
-    « La célébration et le deuil »

Charles Péguy est mort fauché par une balle en pleine tête, soit une mort similaire à celle de deux autres écrivains : Ernest Psichari et Alain Fournier tombés respectivement les 22 août et 22 septembre 1914.

 
La guerre d'Espagne - Écrits et paroles 1936/1939

Conception : Éric Cénat - Interprétation : Éric Cénat & Maria Pitarresi

Créée en partenariat avec la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Insdustries Électrique et Gazière.

 

Cette lecture a pour objectif de nous replonger dans l’Espagne des années 1936-1939 à travers des sources différentes. Sont donc au programme des extraits de romans, des poèmes, des témoignages et deux discours :


-    Des grandes figures de la littérature du XXe siècle sont devenus, par leurs œuvres et leurs influences médiatiques, de véritables porte-paroles de l’Espagne antifasciste : André Malraux (L’Espoir), Georges Orwell (Hommage à la Catalogne), Ernest Hemingway (Pour qui sonne le glas), John Dos Passos (Aventures d’un jeune homme)…


-    La défense héroïque de Barcelone et de Madrid, le massacre de Guernica, l’exil des républicains, le courage et la dignité du peuple, l’assassinat de Federico Garcia Lorca ont inspiré les poètes. Parmi eux : Rafael Alberti, Bertold Brecht, Antonio Machado, Miguel Hernandez, Langston Hughes, Pablo Neruda…


-    Trente-cinq mille volontaires ont rejoint les rangs des Brigades internationales pour défendre la République espagnole. Ils venaient de France, d’Italie, de Belgique, d’Allemagne, d’Angleterre, des Etats-Unis, des pays de l’Est… Leurs témoignages, aujourd’hui, sont bouleversants, étonnants et nous donnent à réfléchir sur la nature et la signification de l’engagement politique.


-    Deux discours prononcés par Dolorès Ibarruri, plus connu sous le nom de la Pasionaria, sont le symbole de l’engagement et du rayonnement des femmes pendant la guerre d’Espagne. Dès le 19 juillet 1936 à Madrid, la Pasionaria lance un vibrant appel immortalisé par la formule : « No pasaran ! » (Ils ne passeront pas !). Le 15 novembre 1938 à Barcelone, quelques mois avant la chute de la République, elle rend un dernier hommage aux volontaires des Brigades internationales contraints de rentrer dans leurs pays respectifs.

 
La guerre de 1870, vue par les écrivains

Conception et interprétation : Éric Cénat

Créée en partenariat avec le Centre Charles Péguy et la Médiathèque (Orléans)

 

Si la guerre de 1870 a profondément marqué, en son temps, la mémoire collective, elle est aujourd’hui une période délaissée de notre Histoire. Symbole d’une défaite et d’une humiliation, elle doit être cependant considérée à sa juste mesure, c’est-à-dire comme la matrice des deux guerres mondiales qui ont secoué le XXe siècle.


Cette guerre a particulièrement inspiré les écrivains de la fin du XIXe. S’opposent alors deux visions littéraires de l’événement : Afin de satisfaire de nombreux lecteurs, certains auteurs tels Gustave Aimard ou Edmond Ladoucette n’hésitent pas à transformer la réalité historique au profit d’une propagande patriotique visant à amener le pays à la revanche. D’autres, tels Emile Zola ou Georges Darien, tentent dès 1880, d’amener leurs lecteurs vers une représentation plus objective, plus réaliste, plus juste des faits au risque de scandaliser les citoyens les plus patriotes.


Cette lecture d’une heure a pour objectif de replonger l’auditeur dans la guerre de 1870 à travers une source littéraire bien spécifique : la nouvelle. Trois auteurs, qui ont comme socle commun d’avoir pris part directement à ce conflit, ont été choisis : Jean Richepin, Léon Bloy et Guy de Maupassant. Cependant, tous les trois diffèrent dans leurs façons respectives d’appréhender les événements...

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