| La guerre de 1870 vue par les écrivains
Si
la guerre de 1870 a profondément marqué, en son temps, la mémoire
collective, elle est aujourd’hui une période délaissée de notre
Histoire. Symbole d’une défaite et d’une humiliation, elle doit être
cependant considérée à sa juste mesure, c’est-à-dire comme la matrice
des deux guerres mondiales qui ont secoué le XXe siècle. Cette
guerre a particulièrement inspiré les écrivains de la fin du XIXe.
S’opposent alors deux visions littéraires de l’événement : Afin de
satisfaire de nombreux lecteurs, certains auteurs tels Gustave Aimard ou
Edmond Ladoucette n’hésitent pas à transformer la réalité historique au
profit d’une propagande patriotique visant à amener le pays à la
revanche. D’autres, tels Emile Zola ou Georges Darien, tentent dès 1880,
d’amener leurs lecteurs vers une représentation plus objective, plus
réaliste, plus juste des faits au risque de scandaliser les citoyens les
plus patriotes. Cette lecture d’une heure a pour objectif de
replonger l’auditeur dans la guerre de 1870 à travers une source
littéraire bien spécifique : la nouvelle. Trois auteurs, qui ont comme
socle commun d’avoir pris part directement à ce conflit, ont été choisis
: Jean Richepin, Léon Bloy et Guy de Maupassant. Cependant, tous les
trois diffèrent dans leurs façons respectives d’appréhender les
événements :
- Jean Richepin Grand
poète, auteur de théâtre reconnu et conteur plaisant dont les oeuvres
ne manquent ni de corps ni de saveur, Jean Richepin est né en 1849 et
meurt en 1926. Seront lus : La Uhlane et Le Chassepot du petit Jésus.
Dans ces deux nouvelles, le romancier suit une troupe de francs-tireurs
et devient témoin de leur confrontation avec l’ennemi. Il propose ainsi
une réflexion sur la violence qui s’empare progressivement de tous,
français et prussiens, qui tour à tour commettent des atrocités.
- Léon Bloy Les
écrits de Léon Bloy (1846-1917) sont animés par une puissante ferveur
surnaturelle et une fougue verbale rarement égalée dans les lettres
françaises. Ils n'appartiennent à aucune école littéraire du XIXe
siècle, ni le symbolisme, ni le naturalisme, ni le romantisme. Surnommé
le « pèlerin de l’absolu », il décrit dans le recueil de nouvelles «
Sueur de sang » une guerre apocalyptique qui déchire la France. Sera lu
Le Ramasseur de crottin dont l’action se situe dans les environs de
Pithiviers.
- Guy de Maupassant Entre
1878 et 1891, Guy de Maupassant (1850-1893) écrits vingt textes sur la
guerre inspirés pour certains de souvenirs personnels et dans lesquels
nous retrouvons une thématique, qui lui est chère : la résistance des
plus faibles, des humbles, des modestes, ceux qui ont agi, sans penser à
la gloire, face à des événements qui les dépassent. Seront ainsi lues
les deux nouvelles : Lit 29 et Un Duel.
Conception et interprétation : Éric Cénat En partenariat avec le Centre Charles Péguy et la Médiathèque (Orléans)
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