| Blaise Cendrars, la légende bourlingueuse
Lecture théâtralisée conçue et interprétée par Éric Cénat et Patrice Delbourg
«
Frédéric-Louis Sauser, plus connu sous le pseudonyme de Blaise
Cendrars, voit le jour à la Chaux-de-Fonds, sur le territoire
helvétique. Béret sur le côté, yeux pochés, sa trogne rubiconde de
réclame enluminée pour vieux calvados n’est pas celle d’un troubadour
académique : “J’ai réellement une sale gueule. Cela me réjouit”. Premier
commentateur de la modernité, il ne cesse d’écrire sur le cinéma, la
musique, la poésie, les peintres de la Ruche et les ivresses de
Montparnasse. Léger, Chagall, Braque, Delaunay, Modigliani l’entourent.
Il partage avec les plasticiens une même vision simultanéiste d’un temps
en pleine mutation. Il n’est plus temps pour l’artiste de baguenauder
en témoin de son époque et de bâtir un monument pour les générations à
venir. « Tout tombe. Le soleil tombe. Nous tombons à la suite.” Alors
place au poète, dont la tâche est de dire ce qui est, de savoir
déchiffrer les signes de l’histoire qui s’écrit sous nos yeux, trop
soucieux qu’ils sont de l’instant, ils risquent de ne pas voir se
profiler de lendemains.
Sa biographie voyageuse passe par
Saint-Petersbourg, Buenos-Aires, le Portugal, le Brésil surtout, sa
seconde patrie. Il observe plus qu’il ne vit la misère : “d’où me vient
cet amour des simples, des humbles, des innocents, des fadas et des
déclassés”. Ce diable de Cendrars et son galurin gris sont partout à la
fois : Greenwich Village, à Montmartre, à New York où Marcel Duchamp
et Francis Picabia jouent les trappeurs de l’avant-garde. Sa soif de
confondre les horizons est immense, le choix redondant de ses livres en
témoigne : “Au coeur du monde”, “Du monde entier”, “La fin du monde”,
“emmène moi au bout du monde”. Il tend son bras unique (l’autre ayant
été amputé le 26 septembre 1915 dans la boue des tranchées) vers l’art
nègre, vers Walt Whitman, vers les chercheurs d’or en Alaska, les eaux
claires du lac Baïkal ou les terres aléoutiennes. Partout la poésie est
en jeu, il n’y a qu’à la regarder au dehors pour la voir à l’oeuvre,
pure musicalité, parfums orgiaques, abécédaires du mouvement. Voilà ce
qu’il disait déjà dans la prose du Transsibérien : “Toute vie n’est
qu’un poème , un mouvement. Je ne suis qu’un mot, un verbe, une
profondeur, dans le sens le plus sauvage, le plus mystique , le plus
vivant”.
Patrice Delbourg
Sélection Printemps des Poètes  Site internet de Patrice Delbourg : ICI
Au programme :
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Une évocation de Blaise Cendrars à travers douze textes courts écrits
et lus par Patrice Delbourg révélant ainsi les multiples facettes de
celui qui a placé son œuvre sous le signe du voyage et de l’aventure :
1- L’appel de l’aventure 2- Le Transsibérien 3- Les Pâques à New York 4- L’amitié des peintres 5- La main coupée (1915) 6- Les poèmes élastiques 7- Le Brésil 8- L’Or 9- L’Art nègre 10- Hollywood 11- Moravagine 12- Bouche cousue
- Des poèmes, des nouvelles, des extraits de romans… nés de la plume de Blaise Cendrars et lus par Eric Cénat -
Un montage de diverses diapositives projetées sur un écran par
vidéoprojecteur. Il s’agit de photos de Blaise Cendrars et de ses
proches ainsi que des peintures, des dessins et des huiles liés aux
textes lus.
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